Après avoir autorisé la corrida, le Conseil constitutionnel se penche mardi sur la tradition des combats de coqs toujours vivante dans certaines régions françaises, comme dans le Nord – Pas-de-Calais, même si la création de nouveaux gallodromes est interdite par la loi.

Les combats de coqs seront ce mardi l’objet d’une « question prioritaire de constitutionalité » auprès du Conseil constitutionnel. Une question déposée par l’avocate de deux Réunionnais, poursuivis en justice pour avoir ouvert mi-2012 un nouveau lieu de combats de coqs.

L’article 521-1 du code pénal réprimant les sévices et actes de cruauté envers les animaux fait une exception pour les courses de taureaux et les combats de coqs « lorsqu’une tradition locale ininterrompue peut être invoquée ».

Contestée par les anticorrida, cette exception culturelle a été validée en septembre 2012 par les juges constitutionnels qui ont reconnu comme étant conforme à la Loi fondamentale la « différence de traitement » entre les régions à tradition tauromachique et les autres, ces différences existant dans d’autres domaines, comme le travail du dimanche.

Combats de coqs, corrida : même combat ?

Si la question des combats de coqs n’avait alors pas été soulevée, elle relève de la même logique que la corrida, à une exception près cependant. Car la loi du 8 juillet 1964 condamne « toute création d’un nouveau gallodrome » alors qu’elle ne dit rien de la construction de nouvelles arènes. L’avocate des deux Réunionnais dénonce alors « une atteinte au principe d’égalité devant la loi garanti par la Constitution ».

« L’enjeu de cette audience, c’est la reconnaissance de l’égalité entre deux traditions locales. Elles peuvent être contestées par les défenseurs des animaux, mais à partir du moment où la loi reconnait une exception pour les courses de taureaux et les combats de coqs, il n’y a pas de raison d’instaurer une différence de traitement entre ces deux traditions », a fait valoir Me Fabienne Lefèvre.

Une tradition encore bien ancrée dans le Nord – Pas-de-Calais

Dans le Nord – Pas-de-Calais, la pratique des combats de coqs est encore assez répandue. À Blendecques au début du mois de juillet, ou à Gondecourt au mois de mars, par exemple, les combats de coqs ont encore confronté l’attachement à une tradition ancestrale et la colère des associations de défense des animaux.

À Blendecques, l’association Cause animale Nord avait porté plainte contre le maire de Blendecques et la Fédération des coqueleux. « La loi dit que l’on peut faire des combats de coqs lorsqu’il y a une tradition ininterrompue. Or ce n’est pas le cas à Blendecques, étant donné qu’il n’y en a pas eu depuis 2010. » expliquait le président de l’association.

La majorité des pays occidentaux condamnent désormais cette pratique encore très prisée dans certaines régions dont l’Asie du Sud-Est ou l’Amérique du Sud.

En France, ces combats ne sont autorisés que dans certaines localités où la tradition est ancrée. Ailleurs, la pratique est interdite et les contrevenants s’exposent à deux ans de prison et 30 000 euros d’amende.

La voix du Nord 20/07/2015

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