Le bonheur n’est pas dans le pré. L’association de protection des animaux, Cause Animale, a déposé une plainte contre le président de la Fédération des randonneurs équestres du Nord (FREF59) pour «sévices graves et actes de cruauté envers un animal domestique».

Bêtes laissées à l’abandon?

L’«affaire» commence par la mort d’une jument dans une pâture, à Ghyvelde, près de Dunkerque, le 15 avril. Le terrain, qui appartient au département du Nord, est géré par l’association Cheval Nature. Les six équidés qui paissent sur cette étendue herbeuse appartiennent à différents membres de l’association.

«Nous avions déjà un œil sur ces bêtes qui étaient manifestement laissées à l’abandon, sans nourriture et sans eau», explique Anthony Blanchard, le président de Cause Animale. «Elles étaient en liberté», nuance le président de la FREF59, qui est aussi le propriétaire de la jument morte.

Dénutrition ou plante toxique?

Le matin du 15 avril, un riverain de la pâture appelle un vétérinaire après avoir constaté que la jument était couchée. Le cheval, de race Haflinger, devait bientôt mettre bas et n’aurait donc pas dû être allongé. Arrivé sur place en compagnie de membres de Cause Animale, le vétérinaire constate que le poulain est mort dans le ventre de sa mère. Trop affaiblie, la bête a dû être euthanasiée.

Dans son rapport, remis aux policiers chargés de l’enquête, le docteur écrit: «La jument était cachexique, en détresse respiratoire». La cachexie est un affaiblissement profond de l’organisme lié à une dénutrition très importante. «Faux, réplique le propriétaire, elle souffrait de problèmes de foie après avoir mangé du seneçon de jacobée», une plante toxique pour les chevaux.

«Sévices graves et actes de cruauté»

Le lendemain, l’association dépose plainte pour «sévices graves et actes de cruauté» auprès du parquet de Dunkerque. «Nous avons aussi tenté un référé pour saisir les autres chevaux qui étaient en mauvais état, mais il a été refusé», concède Anthony Blanchard.

Pour le président de la FREF59, «ces personnes qui n’y connaissent rien aux chevaux, ils fonctionnent à l’affectif. Des choses comme ça arrivent parfois dans les élevages». Quoi qu’il en soit, l’affaire est entre les mains du procureur de la République qui jugera s’il dispose d’assez d’éléments pour poursuivre le propriétaire de la malheureuse jument.

20 Minutes n’a pu joindre le procureur de Dunkerque. Le département du Nord, propriétaire du terrain, assure «étudier actuellement le dossier».

 

20 minutes le 23/04/2015

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