« C’est la fête de la maltraitance »

Il n’y va pas avec le dos de la cuillère. Anthony Blanchard, président de la Cause animale du Nord, ne veut pas entendre parler de la fête des animaux de Saint-Tricat, comme plusieurs associations de défense des animaux qui se mobilisent sur internet. Le Lillois résume le point de vue général : «  C’est la fête de la maltraitance et de l’exploitation des animaux. » Pour justifier ses propos, il s’appuie sur quelques exemples et détaille notamment les conditions dans lesquelles les animaux sauvages sont généralement dressés.

Des éléphants « privés de nourriture, humiliés » Des éléphants venus d’Allemagne sont prévus pour la fête des animaux. Et ça le met en rogne. « Ces éléphants sont prélevés dans la nature à l’âge d’un an », débute Anthony Blanchard en soulignant qu’un éléphant, à l’état sauvage, « vit avec sa mère jusqu’à 3 ans ! Ce sont des animaux qui vivent en troupeau. Là, on le prélève jeune ». De la vie sauvage à la vie en captivité, l’éléphant est ensuite pris en main par l’homme pour être dressé. Le président de l’association l’assure : « Pour être dressé, on l’enferme dans un box, on le prive d’eau, de nourriture, on l’humilie… » Selon lui, impossible de dresser un animal sans avoir recours à ces « méthodes barbares ».

L’associatif lillois confirme s’être entretenu récemment avec le président du comité des fêtes. « Je lui ai proposé d’organiser une réelle fête des animaux l’an prochain. » Une fête des animaux toute autre. Une fête où les animaux seraient toujours au centre, mais pas en spectacle. Le président de la Cause animale Nord imagine : « On inviterait des associations de la protection animale pour informer les gens sur la maltraitance, mais aussi sur les problèmes quotidiens, pourquoi stériliser les chats, etc. » Une fête des animaux avec au centre, un village associatif donc. Anthony Blanchard va plus loin. « Les gens ne sont pas au courant qu’on teste les mascaras sur les animaux, les rouges à lèvres sur des lapins… » Une journée qu’il voit néanmoins festive et joyeuse, mais sous un autre angle. « On présenterait des numéros de cirque, mais sans animaux. Il pourrait y avoir des jongleurs, de la magie etc.»

Et de conclure : « On milite aussi pour le végétalisme ». Il pourrait y avoir « un resto végétalien, il y a plein de substituts que les gens ne connaissent pas. » Une fête qu’il voit « sous le signe du respect et non de l’exploitation ».

Nordllitoral du 14/08/2013

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