Mise à jour le vendredi 25 avril 2014 à 18 h 15 HAE

Les blanchons ont fait un saut de la banquise à la sellette. Les chasseurs de phoques des Îles de la Madeleine souhaitent demander la rouverture de la chasse aux blanchons.

 

Plusieurs groupes animalistes des deux côtés de l’Atlantique ont réagi aux affirmations des chasseurs madelinots. Ces derniers considèrent que le règlement qui a interdit la chasse aux blanchons en 1987 est une erreur historique.

 

Les organismes français Cause Animale Nord et Fourrure Torture ont partagé la nouvelle sur les réseaux sociaux afin d’alerter les groupes internationaux de protection des animaux.

 

L’International Fund for Animal Welfare (IFAW), une organisation qui milite depuis 45 ans pour interdire la chasse aux phoques au Canada, a condamné par voie de communiqué la demande des pêcheurs madelinots.

 

« L’image du bébé phoque qui est toujours allaité par sa mère, d’être tué devant sa mère, c’est une image très choquante, ça nous touche beaucoup », a dit Sheryl Fink, directrice des campagnes fauniques d’IFAW.

 

Les chasseurs expliquent qu’il doit y avoir un contrôle des populations. Selon l’Association des chasseurs de phoques des Îles de la Madeleine, plus de 8,5 millions phoques gris et du Groenland se trouvent dans le golfe.

 

Quelques chiffres  :

 

•Dans les années 1960 : Il y avait environ 13 000 phoques gris

•Dans les années 1970 : Il y avait environ 1,5 million de phoques du Groenland

•Aujourd’hui : Il y en a environ 400 000 phoques gris

•Aujourd’hui : Il y en environ 7,4 millions phoques du Groenland

 

 

Source : Pêches et Océans Canada

« Avec une explosion de cette ampleur-là, c’est impossible de gérer les stocks de poissons. Ces deux troupeaux combinés mangent 15 fois plus ce que les flottes de l’est du Canada ont la permission de pêcher. Après ça on dit que les pêches ne vont pas bien et qu’on gère mal la ressource », a affirmé le directeur de l’Association des chasseurs, Gil Thériault.

 

Les chasseurs affirment qu’il est beaucoup plus facile de chasser les blanchons qui se trouvent sur la banquise, comparativement aux phoques plus âgés qui sont beaucoup plus agiles et qui sont souvent hors d’atteinte au large des îles. Selon eux, les risques de blessures, sans que l’animal soit mort, sont ainsi plus élevés lorsque le phoque est plus mature.

 

On brandit également l’argument économique. Les chasseurs soutiennent que la fourrure de blanchon est très en demande dans les tanneries. Elle assurerait un revenu stable aux chasseurs. Gil Thériault soutient que la peau des phoques matures est peu recherchée, ce qui fait en sorte que seuls la viande et le gras sont valorisés, alors que toute la carcasse du blanchon pourrait l’être.

 

« Ce règlement [de 1987] a été établi très arbitrairement, de façon irrationnelle, illogique… Ç’a été mis en place sans raison valable. Ça fait 27 ans qu’on souffre de cette interdiction aux Îles de la Madeleine », a ajouté Gil Thériault.

 

Les pêcheurs n’ont pas encore fait une demande officielle auprès de Pêches et Océans Canada. Le gouvernement du Canada n’envisagerait toutefois pas de permettre la chasse aux blanchons.

Radio Cananada.CA

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