Hier midi, on ne pouvait pas les manquer, à l’entrée de la rue de Béthune : des militants

du collectif L214, droits comme des « i » derrière de grandes affiches montrant des poules entassées dans des cages. Ils n’avaient pas choisi de se mettre n’importe où : ils attiraient l’attention sur l’enseigne Monoprix. « Parce qu’elle fonde sa réputation sur le développement durable, les produits bien-être, mais c’est incohérent avec la présence dans ses rayons d’oeufs de poules élevées en batterie, explique Johanne Mielcarek, porte-parole du collectif Nord de L214. Si elle dit se positionner sur la qualité des produits, il faut qu’elle aille plus loin. Et si on la fait céder, elle, d’autres suivront.

» Hier, les bénévoles tendaient aux passants des « cartes-pétitions » et leur expliquaient la manière de bien acheter. « Il faut regarder sur la coquille : l’inscription 3FR signifie « en cage », 2FR « élevage au sol, dans un bâtiment, fermé mais sans cage », 1FR et 0FR signifient « en plein air » », décrypte Johanne Mielcarek.

L’action des militants ne se limite pas à des happenings visibles dans les rues de Lille. « Nous avons négocié pendant un an avec Monoprix pour leur faire comprendre notre combat. Ça se passait au siège, à Clichy. » Et donc, sans résultats ? « Si, ils ont accepté de retirer des rayons les oeufs concernés par l’élevage intensif, vendus sous leur propre marque… mais ce n’est que dans la région lyonnaise pour l’instant. C’est leur région test. Il ne faut rien lâcher, cela doit aussi arriver à Lille ! »

Fausses appellations

Une association lilloise amie, Cause animale, organisait dans la foulée une autre manifestation. Les militants protestaient contre le commerce de la vraie fourrure. Ils se sont réunis cette fois devant le Printemps, rue Nationale. « Ils se disent temple de la mode, mais leurs marques vendent de la fourrure, dénonce Anthony Blanchard, leur porte-parole. 90 % de cette fourrure se trouve sur les accessoires, et ce que le consommateur ignore, c’est que c’est souvent du chien ou du chat. » La France interdit de telles importations depuis 2003, « mais les produits nous arrivent quand même sous de fausses appellations », estime le militant.

À quelques semaines des fêtes de Noël, les deux collectifs fourbissent leurs armes. Prochaine cible : le foie gras.

ST.F

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