Alertée par des riverains, l’association Cause animale Nord affirme qu’une campagne a été organisée à Cucq pour capturer des chats errants afin de les euthanasier. Le maire dément une telle pratique de la part de ses agents. Il a accepté que les chats soient stérilisés dans les prochains jours.

 

En mai, une habitante nous confiait son « fort soupçon d’empoisonnement » de chats errants par des riverains, après avoir découvert six cadavres près de son domicile en un mois. Six mois plus tard, c’est cette fois la méthode de régulation que pratiquerait la mairie qui a provoqué l’indignation de Cucquois, très vite suivie d’une levée de boucliers d’associations de défense des animaux.

 

Celles-ci affirment qu’une opération de capture des chats pour les euthanasier a été organisée. « On a dû mettre le holà », assure Anthony Blanchard, le président de Cause animale Nord, une association lilloise qui milite contre la souffrance animale. Il évoque un échange téléphonique « houleux » avec le maire de Cucq. « On lui a rappelé que dans le cadre d’une campagne de trappage pour euthanasie, il y a une législation à suivre, comme la publication des dates dans la presse et d’un message en mairie. Et que s’il ne la respectait pas, on porterait plainte ! »

 

Le maire Walter Kahn réfute ces allégations. « Il y a peut-être des gens de Cucq qui l’ont fait, mais moi je ne suis pas au courant. On n’a jamais eu cette intention. » Un accord a en tout cas été conclu avec Cause animal Nord, pour que l’association capture et stérilise la « vingtaine » de chats errants de la station balnéaire dans les prochains jours. « La ville ne nous verse aucune subvention pour ça », précise Anthony Blanchard.

 

Son association a négocié des tarifs préférentiels avec un vétérinaire du secteur et 30 Millions d’amis financera une grosse partie de l’opération (lire ci-dessous). Et ensuite ? La population des chats errants sera suivie régulièrement par des bénévoles domiciliés à Cucq. « Ils leur donneront à manger chaque jour. Il ne faut pas croire, mais c’est bénéfique pour un quartier d’avoir des chats. Ils chassent les souris, les rats et ils s’occupent aussi des oiseaux morts… Ça nettoie les villes. »

Il faut agir, mais de la bonne façon»

La SPA Canche-Authie, qui gère déjà un grand nombre d’animaux domestiques, n’a pas les moyens financiers et logistiques pour s’attaquer au problème des chats errants. La présidente Colette Verstraete donne ses conseils.

 

– Les chats errants sont un souci pour beaucoup de communes…

 

« C’est vrai qu’il y en a beaucoup, il faut agir, mais de la bonne façon. Il y a d’autres solutions que l’euthanasie qui existent, comme la stérilisation. Quand les chats passent chez le vétérinaire, il tatoue un S dans l’oreille de l’animal et on maîtrise la population… »

 

– Quels conseils donnez-vous aux villes et villages concernés ?

 

« Nous, ce qu’on préconise, c’est que des associations de défense des chats errants se créent dans les communes pour faire stériliser les animaux en accord avec la mairie. C’est ce qui se fait à Quend – Fort-Mahon (Somme), où l’association suit les chats, en lien avec les équipes municipales. Les employés de la ville ont par exemple construit des cabanes en bois pour les chats. »

 

– Mais n’est-ce pas un coût important pour une ville ?

 

« Non, c’est un faux argument, car l’association 30 Millions d’amis paie quasiment toute la stérilisation. Il faut seulement que la commune en fasse la démarche. Quand on se donne les moyens, on peut. »

 

Publié le 28/10/2014

 

PAR THOMAS BOURGOIS

La voix du Nord

 

Leave a Reply

Your email address will not be published.