Samedi après-midi, des militants de l’association Cause Animale Nord ont investi l’angle de la rue de la Marine, en face de la place Jean-Bart. Armés de tracts et de banderoles, ils sont venus dénoncer « l’exploitation, la maltraitance et l’esclavagisme » d’animaux, alors que le cirque Gruss s’installe au Pôle marine, du 12 au 21 avril.
L’association, fondée à Lille fin 2012 par Anthony Blanchard, compte plus de 35 000 fans sur sa page Facebook, une centaine d’adhérents et quatre familles d’accueils bénévoles (de chats et chiens) dans le Dunkerquois.

Pour ces militants, « nous sommes des mammifères, tous égaux ». Alors, samedi, sous le soleil et le regard amusé ou ébahi des passants, un lion domptait un dompteur. « Nous dénonçons le vol des animaux pour leur exploitation dans les cirques, martèle Anthony Blanchard. Et dressés à coup d’humiliations, de privations et de coups. » Aucun cirque ne trouve grâce aux yeux des militants. « La France est un des derniers pays d’Europe à les accepter encore. Il existe des alternatives, des petits cirques d’artistes qui font beaucoup de pédagogie, par exemple. »

Samedi matin, avant les signatures des passants de la place Jean-Bart, la pétition (pour interdire les cirques avec animaux à Dunkerque) comportait 5 162 griffes. Cet automne, dans le cadre de la Grande Fête Lilloise du Cirque, une pétition avait recueilli à Lille environ 11 000 signatures. « Nous envoyons aussi des courriers aux maires, ajoute Anthony Blanchard. J’avais demandé à l’ancienne municipalité de Dunkerque l’autorisation de placer un stand, ici, mais on nous a mis des bâtons dans les roues. On verra ce que dira le nouveau maire ! »

Le Lillois compte bien redemander à la ville de Dunkerque une subvention pour assurer une stérilisation massive de chats des rues. « J’avais demandé 10 000 € pour 200 chats, déjà, indique Anthony Blanchard. Cela évite leur euthanasie et la trop grande reproduction. Et puis, ça fait travailler les vétérinaires et supermarchés (pour les croquettes, car on les nourrit avant de les relâcher) locaux ! »

Mélanie Declercq, 29 ans, tend un flyer en souriant. La Gravelinoise, par ailleurs bénévole à la SPA de Saint-Georges-sur-L’Aa, « suit » la page Facebook de l’association. C’est son tout premier « acte militant », elle qui n’a jamais mis les pieds dans un cirque. « En octobre dernier, je suis passée près d’un cirque installé à Gravelines, et j’ai croisé le regard d’un éléphant, parqué dans un enclos. J’ai vu ses yeux… Je me suis dit qu’il fallait que je fasse quelque chose, et j’ai contacté l’association. »

Samedi, Mélanie récoltait 30 signatures dès la première heure. « Les gens nous écoutent et j’aime quand il y a des enfants parce qu’on peut leur expliquer, discuter avec la famille, se réjouit-elle. Par contre, un couple de personnes âgées m’a dit : Mais c’est très bien, un cirque, ils ne travaillent que six mois et le reste du temps, ils sont en liberté ! » Aurélie Tanche secoue la tête : « Mais bien sûr… » La jeune femme est venue d’Eringhem, avec sa mère Christine. Toutes deux sont aussi bénévoles en SPA. Le futur noyau dur d’un réseau dunkerquois ? « Pourquoi pas », répondent les militants.








Publié le 07/04/2014

MARION WATTIAUX
La voix du nord

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