Le gouvernement du Costa Rica a annoncé (22/7/13) son intention de fermer l’ensemble des zoos du pays. La Fondation 30 Millions d’Amis prend note de cette décision qui devrait permettre aux animaux, à terme, de retrouver leur milieu naturel.

 

Le Costa Rica ferme ses zoos La fin des zoos ? Pas en France ! Mais au Costa Rica l’idée fait son chemin. Le gouvernement de cet Etat d’Amérique centrale a annoncé sa décision de fermer les deux parcs animaliers du pays. « Nous ne voulons plus d’animaux en captivité ou enfermés de quelque sorte que ce soit, sauf s’il s’agit de les secourir et de les sauver », a déclaré lors d’une conférence de presse René Castro, le ministre costaricain de l’Environnement.

 

Une grande première !

 

Cette nouvelle réjouit les associations de défense des animaux, comme Code Animal. « C’est très positif et une grande première ! s’enthousiasme Franck Schrafstetter, président de cet organisme de protection des animaux en captivité.  Les zoos sont des lieux où l’on coupe les animaux de leur environnement naturel pour les enfermer dans un but mercantile et de divertissement. Aujourd’hui, les animaux sont considérés comme des biens de consommation. On va dans les zoos pour consommer du panda. Ce qui se joue au Costa Rica est un symbole très fort qui pourrait permettre de changer le statut de ces animaux. »

 

Les deux parcs en question, le zoo Simon Bolivar et le centre de conservation Santa Ana, tous deux situés à San José, la capitale du pays, devraient être fermés en 2014. Ce sont près de 400 animaux de 60 espèces qui retrouveront alors la liberté. Ou tout au moins une semi-liberté. Les modalités de mise en application de cette mesure n’ont pas encore été clairement définies. Les autorités évoquent le placement des animaux dans des refuges privés. D’autres seront tout simplement restitués à la nature si cela est jugé possible.

 

Un retour progressif à la nature

 

Mais ces animaux qui ont passé toute leur vie derrière les barreaux, parviendront-ils à se réadapter à leur milieu d’origine ? « Il ne faut pas se mentir, ces animaux sont condamnés. Il me paraît difficile qu’ils puissent retourner comme ça à la vie sauvage. Ils seront a priori placés dans des refuges ou des sanctuaires où ils apprendront à vivre sans interaction avec l’homme. Cela reste une bonne décision qui permettra aux animaux de se « désimprégner » de l’homme pour un retour progressif à l’état de nature », répond Franck Schrafstetter.

 

Pierre Thivillon, directeur de l’espace zoologique de Saint-Martin-la-Plaine (42), évoque une décision louable mais difficile à mettre en place. « C’est bien de vouloir apprendre à ces animaux à vivre sans l’homme mais cela réclame beaucoup de moyens. Il y a quelques expériences comme celle-là en Afrique avec des singes, mais cela prend vraiment du temps. Cela dépend aussi de leur collection. Remettre en liberté des herbivores est envisageable. Ca ne l’est pas pour les carnivores », analyse-t-il.

 

Fundazoo, l’organisme qui exploite les deux zoos, a annoncé à l’agence Associated Press, son opposition au projet. Selon son porte-parole, le contrat d’exploitation des parcs ne prendrait fin qu’en 2024. La structure envisage de porter l’affaire devant les tribunaux.

 

Le Costa Rica est le premier pays à prendre une telle décision. Mais il faut toujours un pionnier ! Avant d’être interdite en Angleterre, la chasse à courre a d’abord été abolie en Allemagne. Il en va de même pour l’interdiction de l’emploi des animaux sauvages dans les cirques qui est, chaque jour, adopté par un plus grand nombre d’Etats. « A moyen terme, il y a aura forcément des répercussions », conclut, ravi, le président de Code Animal.

 

© RNG – Fotolia.com

 

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