PAR EMMANUEL CRAPET

« Cette année, on est submergés. » C’est le cri d’alarme lancé par Antony Blanchard, le président de l’association Cause Animale Nord. Le bénévole ne sait pas pourquoi mais il faut, cet été, faire face à encore plus d’abandons d’animaux, notamment de chats

 

 

« Tous les prétextes sont bons pour abandonner son animal. Dès que le gamin éternue une fois, ça y est, on pense qu’il est allergique et donc, on se débarrasse du chat. » Un après-midi de la semaine dernière, dans une petite résidence du Vieux-Lille, Antony Blanchard dresse un amer constat. Il n’y a pas de vacances pour les bénévoles de l’association Cause Animale Nord. La dernière fois qu’on les avait croisés, c’était sur le Champ de Mars, au moment de l’installation d’un cirque. Là, ils sont occupés à nourrir des chats libres. Curieuse appellation pour des animaux qui ont été abandonnés par leurs maîtres. Des chats libres à Lille, il y en aurait pas loin de 300 : une trentaine dans le Vieux-Lille, une cinquantaine autour de la façade de l’Esplanade, une soixantaine dans le quartier de Fives, presque autant du côté de Lille-Sud… « C’est plus, beaucoup plus que les autres années », raconte le fervent militant de la cause animale. Aux abandons plus nombreux s’ajoute aussi « le problème de la stérilisation ». Peut-être à cause du coût – une centaine d’euros par animal – « les gens ne stérilisent plus leurs animaux ».

 

La situation l’alarme tellement que, sans tomber dans la paranoïa, le président de l’association ne veut même pas donner avec précision les endroits où ses membres nourrissent ces chats libres, de peur que ça donne d’autres idées d’abandons à certains.

 

 

Alerter l’opinion

 

Cause Animale Nord (www.cause-animale-nord.fr) est une association qui a été créée à Lille à l’automne 2012. Elle ne reçoit aucune subvention municipale (lire également ci-dessous) et ne vit que des donations de ses membres ou de ses sympathisants.

 

Parmi les grands rendez-vous de la fin de l’été pour ces militants, il y a le 23 août : « Nous serons place Richebé, à Lille, pour réclamer un statut juridique pour l’animal. Pour l’instant, il est encore considéré comme un meuble. » Le 27 septembre, Antony Blanchard et ses amis participent à une marche à Paris : « La révolution des objets ». Entre ces deux dates, il y a la Braderie de Lille : « On voudrait bien profiter de cet événement pour alerter l’opinion publique, mais nous rencontrons quelques difficultés pour trouver un emplacement. »

 

Sur son site internet, l’association Cause Animale Nord a posté une lettre ouverte dans laquelle son président, Antony Blanchard, s’en prend à Martine Aubry, maire de Lille, la présentant carrément comme « une ennemie des animaux ». Une colère qui a pris corps à la suite de difficultés rencontrées par l’association pour avoir une salle. Depuis, les relations avec la mairie se sont adoucies.

La voix du nord 10/08/2014

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