Des chats en danger de mort parce que la ville de Lille a lancé une campagne de dératisation sur le terrain de la rue de Marquillies : des militants de la cause animale se relaient depuis mercredi pour sauver le maximum d’animaux.

16 h 30, ce lundi, à Lille-Sud, quelque part au milieu des 18 000 m2 qui étaient, il y a encore quelques jours, le campement sauvage de centaines de familles roms. « C’est un sacré de Birmanie, un bébé. Il n’a pas l’air blessé. Mais il n’est pas arrivé là tout seul. C’est un animal qui vaut au moins 600 € dans le commerce en Belgique. » Ils sont une vingtaine de bénévoles (des membres des associations L’École du chat et Cause animale Nord) et de riverains de la rue de Marquillies à parcourir, depuis mercredi, le terrain en long et en large, à la recherche d’autres chats. « Il y a urgence », prévient Anthony Blanchard, le président de CAN. Pourquoi ? Parce que la ville a lancé une campagne de dératisation de l’endroit. Et la nature est ainsi faite : au bout de la chaîne, il y a le chat qui mange le rat. « On a vingt-quatre heures après que le chat a avalé le poison pour lui administrer l’antidote », dit le militant.

Fantasmes

La présence de nombreux animaux (ils en étaient à 45 chats récupérés ce lundi après-midi et deux chiens), ainsi que la découverte de nombreuses carcasses et autres ossements alimentent autant les conversations que les fantasmes : on parle d’animaux volés à domicile – une bénévole promenait d’ailleurs ce lundi la photo de Mimine, une petite chatte qui a disparu à Loos –, on assure que des animaux ont ici servi de nourriture… Le fait que tous ceux qui participent depuis mercredi à cette « chasse » aux chats développent d’étranges maux de gorge entretient aussi la peur collective.

Dans ce triste décor, il y a quand même des lueurs d’espoir. D’abord, comme le rappelle Sylvie Delfosse, de l’École du chat, parce que « 30 millions d’amis a accepté de prendre en charge les frais logistiques engendrés par cette campagne » et parce que la liste des familles d’accueil pour donner un toit aux chats de Lille-Sud s’allonge chaque jour. L’appel à la mobilisation a été lancé sur les réseaux sociaux (Chats du camp de Roms de Lille-Sud sur Facebook).

 

La voix du nord le 22/09/2013

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