Nord: Chaude ambiance autour du combat de coqs
«Pervers!», «Salaud, t’as pas de courage!». En ce dimanche ensoleillé, ils sont une trentaine de militants à balancer des noms d’oiseaux devant le portail de l’école Jacques-Prévert de Gondecourt.

Derrière les grilles vertes, environ une centaine d’amateurs (ou de curieux) des combats de coqs attendent le début de la réunion prévue à 16h30. Un participant menace de répliquer: il est calmé par les organisateurs. Les autres se fraient un chemin, sous les bordées d’insultes, vers la salle où ont lieu les combats.

Le maire Régis Bué se tient à distance. C’est lui qui a mis à disposition cette salle de l’école communale, comme il l’aurait fait «pour n’importe quelle association».

«C’est scandaleux de faire ça dans une école, les enfants retrouveront du sang après les combats», l’interpelle l’une de ses administrées. Ambiance.

Lettre ouverte au préfet

Dans cette petite ville (4.000 habitants) du sud de l’agglomération lilloise, le débat fait rage depuis quelques jours, après une «lettre ouverte» adressée au préfet par la Fondation Brigitte Bardot.

Les défenseurs des animaux s’indignent de voir se tenir un combat de coqs dans une localité qui, d’après eux ne peut se prévaloir d’une «tradition ininterrompue» en la matière, contrairement à ce que dit la préfecture. L’association Cause Animale Nord s’est jointe aux protestations, et les deux promettent de porter plainte contre les organisateurs de l’événement. Si le tribunal les suit, les «coqueleux» risquent jusqu’à deux ans de prison et 30.000 euros d’amende pour «actes de cruauté» envers les animaux.

«Pourquoi ils s’énervent aujourd’hui?»

Cette menace, peu d’amateurs la prennent au sérieux. «Dans le sud d’où je viens, on n’empêche pas les gens d’aller à la corrida», s’agace un habitant. «Dans le coin on a toujours connu ces combats, on ne voit pas pourquoi ils s’énervent aujourd’hui», poursuit Laurent.

François est même venu avec Quentin, son fils de 12 ans. C’est ce dernier qui a «repéré l’affiche chez le boulanger». «Tant qu’on n’aura pas vu un combat, on ne pourra pas juger», explique le père. En plus son fiston bénéficiera d’une entrée gratuite car il a moins de 14 ans. «Y amener des enfants, c’est pire que tout», entend-on dans les rangs.

20 minutes lille 01/03/2015

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