Nouvel épisode, hier, dans le conflit qui oppose la municipalité à l’association de protection animale. Les deux parties se sont retrouvées devant un juge du tribunal administratif. C’est Cause Animale Nord qui était la requérante : elle demandait un référé suspension, suite à la mise en demeure prononcée par le maire lui intimant l’ordre de quitter le terrain qu’elle occupe à l’angle de la rue Pasteur.

Il y a quelques jours, l’avocate de l’association pensait avoir la partie facile, car la mise en demeure, dans sa forme, n’était pas légale. Mais la ville de Sainghin s’est empressée de relancer la procédure, en respectant la loi, cette fois. Elle a d’abord fait venir un huissier, le 29 mai, qui a constaté l’occupation illégale des parcelles appartenant l’une à la commune, l’autre à M. Pollet. Et mercredi, il a été fait sommation à l’association de quitter les lieux sous huitaine. On remarquera que l’huissier ne fait pas de différence entre les deux terrains, alors que si l’association est bien dans l’illégalité concernant la première, la municipalité interdisant la sous-location, il n’en est pas de même pour l’autre qui appartient au propriétaire de la ferme de la Noyelle.

Pour l’avocate de la commune, celle-ci fait donc preuve de compréhension en acceptant un délai de huit jours. Mais la partie adverse a insisté sur les difficultés rencontrées par CAN pour trouver un point de chute. Le juge, lui, est sorti de son rôle, hors instruction, en revêtant l’habit d’un conciliateur : « N’y aurait-t-il pas moyen d’aider l’association à trouver une autre solution ? Après tout, la cause qu’elle défend est noble ». Le tribunal administraitf s’est donné quelques jours pour réfléchir. Il rendra son délibéré lundi.

En attendant, les relations seraient chaque jour un peu plus tendues, surtout entre M. Pollet et les bénévoles. Un constat, en tout cas : malheureusement, la publicité faite autour de cette affaire a eu des conséquences dont se serait bien passé Cause animale Nord. Des propriétaires sans scrupules sont venus se débarrasser d’animaux à Sainghin. Des boucs ont été passés au dessus des clotûres… À ce jour, le refuge de Nini, du nom d’une bénévole, accueille une trentaine de moutons, chèvres et cochons et presque autant de poules, des animaux délaissés, abandonnés ou confiés à l’association par la Police nationale en cas d’expulsions.

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