FRÉDÉRIC CHESNEAU A PRÉSENTÉ DEUX SPECTACLES SUR LA PLACE D’ARMES, HIER |

Hier après-midi, Frédéric Chesneau et son ours Valentin ont fait le show sur la place d’Armes. Une trentaine de militants pour la cause animale étaient aussi au rendez-vous. Comme prévu, ils ont interpellé le public, pour les sensibiliser.

Difficile pour les retardataires d’apercevoir le spectacle… De nombreux visiteurs sont déjà plantés devant les barrières. Tous semblent impatients de faire la connaissance de Valentin. Cet ours noir du Canada, aujourd’hui âgé de six ans, attend dans une cage de transport.

Frédéric Chesneau se présente. Éleveur près d’Orléans, il possède un refuge de neuf hectares, où vivent 150 animaux. Pendant plusieurs minutes, l’homme explique sa démarche au public. « Valentin a la chance de vivre dans un milieu paisible, en sécurité. J’ai entendu des tas de bêtises à mon sujet. Que mes ours avaient les dents limées, les griffes arrachées. Vous pourrez vérifier : tout cela est faux. Il n’a même pas de muselière, juste un collier et une laisse. » Les visiteurs l’écoutent attentivement. « Valentin n’est pas là pour être ridiculisé. Je vais juste jouer avec lui. S’il n’en a pas envie, tant pis. Vous aurez au moins vu un gros nounours ! » Les minutes s’enchaînent, et Frédéric Chesneau poursuit son monologue. Il rappelle que ses animaux ne vivent pas en cage, « on est loin du parc zoologique. Mon ours, c’est mon meilleur copain. » L’éleveur sort enfin Valentin de sa cage. L’animal est impressionnant. Il joue le jeu, fait le show. « Il n’a pas l’air malheureux, cet ours là !

» lâche un homme. Le public semble conquis.

 

« C’était bien

au Moyen-Age »

Mais à quelques mètres de là, derrière l’amas de spectateurs, quelques manifestants ne partagent pas l’enthousiasme des visiteurs. Pancartes, affiches, flyers : ils font tous partie d’associations de protection des animaux. Cause animale Nord, Fuda et Aves France sont représentées. Ils ne perturbent pas le spectacle, mais tentent de sensibiliser les visiteurs. « Un animal, ce n’est pas un jeu ! » lance une militante à un spectateur.

A la fin de la présentation, les associatifs sifflent, pour se faire entendre. Olkan Elijah, président de l’association Fuda, explique : «  On considère que l’animal n’a rien à faire ici. Il existe d’autres moyens pour distraire le public. Les spectacles avec des animaux, c’était bien au  Moyen-âge ! Aujourd’hui, il existe des alternatives. » Le militant reconnaît que Frédéric Chesneau a « une assez bonne réputation. Il nous a déjà invité à venir voir comment il travaille dans son refuge. Nous n’y sommes pas encore allés, mais nous pensons qu’il y a d’autres moyens d’amuser les gens. Regardez le cirque du soleil : c’est celui qui fonctionne le mieux, et pourtant, c’est le seul qui n’utilise pas d’animaux dans son spectacle. »

Un pays « rétrograde »

Antony Blanchard distribue des flyers, à quelques mètres de là. Le président de Cause animale Nord semble plus virulent, quant à Frédéric Chesneau.

« Il a passé un long moment à se justifier sur les conditions de dressage de son animal avant de commencer. C’est louche : s’il était si clean que ça, pourquoi s’expliquer aussi longtemps ? » Il remarque en outre que les conditions de sécurité ne sont pas optimales, sur la place d’Armes. « La clôture électrique est très minime, et le fil n’est pas tendu. Si l’animal charge, vous pensez vraiment que ces quelques barrières suffiront à l’arrêter ? » Au-delà de ce spectacle d’ours, Antony Blanchard estime que la France est un pays « rétrograde en terme de protection des animaux. En Europe, de nombreux pays ont interdit ce type de spectacle. La Belgique est d’ailleurs le dernier en date. Ici, j’ai l’impression que tout est fait contre la cause animale. » Julie HAMEZ

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22/12/2013

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