Par la rédaction pour La Voix du Nord, Publié le 22/04/2015

Anne-Gaëlle Dubois

Pancartes de coqs en sang, affiches dénonçant un acte barbare, cercueil, (faux) coqs et poules… Dans les rues désertes de Tourmignies, ce mercredi après-midi, un cortège de militants de la cause animale est venu dénoncer les combats de coqs organisés dans le gallodrome du village

Les manifestants auraient voulu faire signer la pétition anti-combats de coqs, distribuer des tracts… Mais ils ne s’attendaient pas à tomber sur un village désert. Un mercredi après-midi à Tourmignies, on ne se balade pas dans les rues du centre. Qu’à cela ne tienne, une vingtaine de militants de la cause animale ont tenu leur « happening » devant les caméras. Une manifestation paisible, avec l’interprétation du chant du coq (sur l’air des Gens du Nord), lectures de poèmes, fumigènes bleu blanc rouge, et même le mime d’un combat de coq devant la mairie. Les militants se sont ensuite rendus, en fin d’après-midi, sous escorte des gendarmes, jusqu’au gallodrome plus que centenaire, où se déroulent des combats tous les 15 jours, le mercredi.

Des combats autorisés

Quelques coqueleux sont sortis sur le trottoir, assistant, goguenards, au défilé. Chacun est resté sur son côté de rue, sans aller jusqu’à l’affrontement. Les manifestants ne comptaient d’ailleurs pas entrer dans le gallodrome, sachant que les combats y sont organisés légalement (la loi les autorise depuis 1964, au même titre que les corridas là où il y a une tradition ininterrompue)

À l’intérieur, on comptait finalement plus de monde qu’à l’extérieur. Et si le propriétaire du lieu, Élie Trinez (ancien président de la Fédération des coqueleux du Nord) a bien voulu laisser entrer les journalistes, les organisateurs belges des combats ne nous ont pas vus d’un bon œil. Dans les gradins, on comptait d’ailleurs essentiellement des Belges parlant flamand (et laissant croire qu’ils ne parlaient pas français).

Une tradition qui va s’éteindre naturellement ?

Les Tourmignisiens, dont seulement quelques-uns ont regardé avec surprise le cortège, n’ont finalement pas paru très concernés par la manif. Le maire, Alain Duchesne, a tout de même accueilli les militants. L’élu a reconnu que le gallodrome était en conformité avec la loi. Mais a aussi indiqué qu’il n’attirait quasiment que du public extérieur au village et pas toujours très civique : « Ils se garent n’importe où, abîment des plates-bandes… » Le jeune maire n’a jamais assisté à un combat : « Je n’ai aucun plaisir à voir des animaux se battre. Mais cette tradition fait partie de notre histoire… » Une tradition qui pour lui va s’éteindre toute seule avec la fermeture petit à petit des derniers gallodromes.

Leave a Reply

Your email address will not be published.