BRACONNAGE – Au moins 100 nouvelles carcasses d’éléphants, empoisonnés à l’aide de cyanure, ont été découvertes cette semaine dans le parc Hwange au Zimbabwe, confronté à un braconnage massif.

 

Un véritable carnage. Moins d’un mois après avoir alerté l’opinion sur l’empoisonnement au cyanure de quelque 80 éléphants dans le parc national de Hwange au Zimbabwe, les gardes du plus grand parc du pays ont découvert cette semaine au moins cent nouveaux cadavres de pachydermes tués à l’aide du même procédé.

 

Dimanche, « dix carcasses d’éléphants ont été découvertes à Hwange, deux suspects ont été arrêtés et 14 pièces d’ivoire saisies », a notamment rapporté Caroline Washaya-Moyo, une porte-parole de l’autorité gestionnaire des parcs nationaux. Si les autorités locales n’ont pas fourni plus de détails sur ces récents massacres, un responsable de l’office des parcs nationaux expliquait fin septembre que « le poison a été placé à des endroits où les éléphants paissent, et non dans l’eau ». Une fois les animaux morts, les braconniers viennent prélever les défenses en ivoire pour les vendre à prix d’or.

 

15 ans de prison et 600.000 dollars d’amende

 

Outre les terribles conséquences que ces tueries à grande échelle font peser sur cette espèce protégée, des carnivores du parc susceptibles de manger la chair des éléphants, comme les lions ou certains oiseaux, pourraient également être empoisonnés, redoutent les associations de conservation de la vie sauvage.

 

C’est un combat quotidien que mènent les 50 rangers de ce parc d’une superficie de 14.000 km2 contre des braconniers disposant souvent de lourds-moyens pour traquer les pachydermes. Toutefois, le travail des patrouilles de surveillance et les investigations des autorités portent leurs fruits. Ces dernières semaines, douze personnes ont ainsi été arrêtées, dont trois ont été condamnées le mois dernier à des peines d’au moins 15 ans de prison, assorties d’une amende de 600.000 dollars (440.000 euros). Un ultimatum a également été posé aux habitants d’un village en bordure du parc, qui est accusé de détenir du cyanure.

 

Le braconnage des éléphants ou des rhinocéros alimente le commerce de l’ivoire en Asie et au Moyen-Orient, où il est notamment utilisé dans la médecine traditionnelle, en dépit de son interdiction décrétée en 1989.

Une carcasse d’éléphant empoisonnée, découverte en septembre dernier dans le parc Hwange au Zimbabwe (sud de l’Afrique). Photo : SIPA

(Métro)

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